Vertelime
Réflexions épisodiques sur mes folles aventures!
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Le début d'un temps nouveau?
C'est décidé, je déménage! Est-ce le premier juillet qui m'a inspiré? Tout ce que je sais, c'est que j'en ai marre. Parfois, je ne peux accéder à mon blogue pendant des heures et je ne peux pas faire ce que je veux quand je veux. Frustration. Bref, je construis un autre blogue quelque part et la transition se fera en juillet. Ce sera plus agréable pour tous! |
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Une heure du matin.
Quand je travaille jusqu'à tard le soir, une phrase me revient en tête: On dormira quand on sera mort. C'est ce que mon frère me lance quand il me sait dans une période de travail intense. Parfois, j'en ris. D'autres fois, je me dis noooooooooonnnnn. |
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La lumière
Dimanche, j'ai fait mon plan ultime. Même si c'était serré, sur papier, ça semblait fonctionner. Juste assez de temps. Beaucoup de choses à faire, mais juste assez de temps. Je vous jure, j'ai vu la lumière. Pas la lumière divine, mais bien la lumière au bout du tunnel. J'ai même vu davantage. Des arbres effilés? Le Mexique! C'est la première fois que mon voyage ne me paraissait pas lointain et incertain. Ça y était. Au bout du tunnel, c'était le Mexique. Puis, tout à l'heure, un appel. Un petit détail logiciel. À peine quelque chose. Un petit rien. Bang. Retour dans la noirceur. Alors que j'avais tout juste le temps de finir, je tombe en retard. Je sors par derrière, par la ruelle. Je veux prendre l'air. À mon passage, l'unique lampadaire s'éteint. Petit serrement au coeur en marchant dans la pénombre. Représentation physique de ma situation professionnelle. Je tourne le coin et me prends un Mr. Freeze orange au dépanneur. Je marche un peu. L'air est tiède et les rues sont pleines de passants qui traînent le pas. Les gens me sourient. Je me réconcilie avec la vie. Je boucle la boucle. Je vois l'entrée de la ruelle. Le lampadaire est rallumé. Super. Je m'y engage. À mon passage, la lampe s'éteint de nouveau. «Très drôle» que je lui lance à haute voix. Quand la vie semble se moquer de nous, l'important c'est de garder le sourire, non? |
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Petite-Patrie
En bonne Montréalaise que je suis, les premiers soirs d'été causent chez moi une envie irrésistible d'aller à la crèmerie. La tiédeur du jour qui tombe m'entraîne vers ma première escapade-plaisir de l'année. J'adore ces tombées de jour où les avions semblent vouloir raser le sol. J'adore les avions point. Habiter sous une ligne aérienne, c'est avoir toujours le voyage dans la tête. C'est se donner l'occasion de rêver. Surtout imaginer les voyageurs à bord et les envier. Bientôt, ce sera mon tour. Bientôt. Ce n'est pas la plus près, mais j'adore cette crèmerie de quartier. C'est d'ailleurs fascinant d'y être en simple observateur. Je mange mon sorbet en regardant les couples, les enfants et les chiens qui s'impatientent en regardant leurs maîtres qui tardent à choisir derrière la vitre. Chacun semble avoir quelqu'un. C'est beau. C'est le bonheur. Ça donne envie. J'élabore des théories. D'abord, je comprends qu'on remarque beaucoup les beaux chiens parce que la plupart sont carrément moches. On les aime jusqu'au bout, oui, mais rares sont les vraies belles bêtes. C'est triste que ce ne soit pas la même chose avec les êtres humains. Souvent, les animaux très laids ont un charme particulier. On les aime quand même. Avez-vous déjà entendu quelqu'un parler de son conjoint en disant qu'il est tellement laid qu'il a son charme? La vie de chien a ses avantages. L'air est toujours tiède lorsque je reprends le chemin de la maison. Comme pour me faire croire que j'ai le temps, je continue sur la piste cyclable une rue plus au nord pour passer derrière la ruelle Boyer. Je roule rapidement et les odeurs des repas en préparation se succèdent. C'est à l'heure furtive où le ciel semble prendre une teinte verdâtre que je rentre chez moi. Encore beaucoup de boulot, mais cette heure de liberté a été franchement salutaire. Est-ce que j'ai déjà dit que j'adorais Montréal? |
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L'attente.
Ça me fait tout drôle. La dernière fois que je l'ai vue, son ventre était tendu et dur. Avant de prendre l'autobus, j'ai dit bonsoir à tout le monde et j'ai regardé une dernière fois la bedaine. Quand je serai de retour, ce ventre aura perdu tout son intérêt et cette véritable boîte à surprise aura révélé son contenu: un autre petit être humain faisant son entrée dans le monde. Ce sera d'abord une petite bête fripée qui pleurera à pleins poumons, puis un petit garçon qui nous questionnera sur tout. Le temps passe si rapidement. Et je me dis qu'il faut beaucoup de foi pour devenir mère. Foi en soi, en l'autre, en la vie, en ce monde. Ou peut-être faut-il seulement se dire que ça va aller. Parce que, peu importe, ça finit toujours par aller. Il y aura plus de rires que de pleurs et ça vaudra le coup. Il y aura la vie. |
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J'aurais voulu être un artiste?
C'est amusant de voir à quel point les gens sont impressionnés par le milieu de la télévision et du cinéma. Et à quel point ce monde mystérieux est tellement moins glamour vu de l'intérieur. À moins que le problème vienne de moi? Suis-je une maudite blasée finie? Chacun a son poids, son fardeau quotidien. Après tout, rares sont ceux qui ne doivent pas travailler pour vivre. Souvent, les gens se plaignent des difficultés éprouvées dans leur vie; les tâches s'accumulent, plus de temps pour les amis, sentiment d'incompétence, etc. Je suis là , j'écoute, je comprends. Et c'est souvent là qu'on me lance le fameux «mais c'est tellement différent pour toi». Je l'oublie encore à chaque fois: Moi, mon travail est passionnant. Moi, mon travail est trippant. Moi, mon travail ce n'est pas un travail. C'est un loisir. Je m'amuse au quotidien. La grosse joie sale. Eux, s'ils avaient ma chance... Bordel. Je veux vraiment pas jouer la carte de l'incomprise, mais c'est parfois frustrant de voir la facilité avec laquelle mes problèmes se relativisent vite dans la tête de certaines personnes. Oui mais toi, tu fais des films... Si j'argumente contre ça en disant qu'après tout c'est un travail comme un autre, la conversation prend un tournant quasi absurde. Je sens l'incompréhension de mon interlocuteur grandir encore et encore. Un fossé se creuse. Changement de sujet. Et nous n'y reviendrons pas. Je ne compte plus les regards admiratifs lorsque les gens apprennent ce que je fais dans la vie. Je vois les yeux briller quand je leur donne des détails, positifs il va sans dire, puisque les problèmes n'intéressent pas ceux qui sont extérieurs à ce monde. Voyons, on veut le success story! Mais les étoiles, elles ne devraient pas être dans mes yeux aussi? Je suis trop résolument réaliste? Trop cynique? Dans la mauvaise branche? Et tous ces gens qui se réveillent un matin, en fin de carrière, et qui se disent qu'ils n'auraient pas dû faire dentiste, comptable ou je ne sais quoi. Qu'ils auraient dû poursuivre leur passion. C'est le blues du business man, again and again. Sur repeat. J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiiiiiiiste... ( faut s'imaginer ici la note soutenue de Dubois). Come on. Achetez vous un kit de peinture, prenez des cours de chant, faites vos propres films. Vous allez voir, ça passe... J'ai le cafard ce soir, me direz-vous. Allons, une petite nuit de sommeil et tout ira mieux. Ça fait trois mois que je me dis ça, mais bon: un jour ça sera l'été, mon projet sera fini et je pourrai passer à autre chose. |
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