Vertelime
Réflexions épisodiques sur mes folles aventures!
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L'art de ne rien faire à temps plein
Me revoilà dimanche soir. Encore. Bilan catastrophique de la fin de semaine: productivité = zéro majuscule. J'essaie d'étirer le temps. Je repousse le sommeil et pousse l'audace jusqu'à me créer un nouveau blogue. J'aurai au moins perdu mon temps jusqu'au bout. Je n'aime définitivement pas faire les choses à moitié. Demain lundi. Le compteur retombe à zéro. C'est une nouvelle semaine qui m'attend avec ses effluves de char neuf. Je serai efficace et productive. Les petites heures du matin m'incitent à faire de la projection à la planche et tout devient possible. Après tout, j'ai un court métrage à écrire, je ne connais encore que 6 accords de guitare, je n'ai toujours pas lu "La peste" de Camus et bien d'autres projets m'attendent. Je dois utiliser de manière plus rentable mon temps. N'oublions pas que le gros problème avec le temps perdu, c'est qu'on ne le retrouve jamais. Il est maintenant minuit passé. La fin de semaine est définitivement terminée. Me voilà avec une liste haute comme moi de choses à faire. Malheureusement, je suis très grande. Malheureusement, la liste est à simple interligne. "The key is to think of a day as units of time, each unit consisting of no more than thirty minutes. Full hours can be a little bit intimidating and most activities take about half an hour. Taking a bath: one unit, watching countdown: one unit, web-based research: two units, exercising: three units, having my hair carefully disheveled: four units. It's amazing how the day fills up, and I often wonder, to be absolutely honest, if I'd ever have time for a job; how do people cram them in?" -Extrait de "About a boy" |
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7.3.05 05:43 |
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Moi et le violon
J'étais jeune. Peut-être 7 ou 8 ans? Moins? Une seule certitude: cette immense fierté qui m'envahissait lorsque je franchissais les portes du saint établissement. Cette école de musique avait pour moi une ambiance franchement mystique. Rien de moins. À petits pas et la tête bien haute, je parcourais le corridor menant à mes leçons de violon. Une ligne imaginaire guidait même cette marche d'une lenteur savammant calculée. J'avais beau être jeune, j'avais déjà le souci du cadrage et de la mise en scène. L'étui contenant le précieux instrument se tenait au bout de mon bras et complétait le fabuleux tableau. D'accord, je vous le concède: je devais avoir une coupe champignon et un ensemble en coton ouaté audacieusement additionné de motifs fluos, mais ce n'était pas ma faute. Blâmez plutôt 1989. J'étais jeune et ne pouvais pas tout comprendre, tout de même! Il s'agissait donc d'un couloir bordé de locaux où guitares, clarinettes et pianos se faisaient entreprendre par de jeunes prodiges en devenir. Au bout de cette haie d'honneur, j'entrais alors dans une pièce exiguë et m'appliquais à faire naître la mélodie de "Ah! vous dirais-je maman" à raison de lourds frottements d'archet. Je n'ai d'ailleurs aucun souvenir du professeur qui m'assistait dans cette tâche: Il n'y avait que moi et le violon. Même chose lorsque je pratiquais à la maison. Moi et le violon. De l'avoir tout contre mon menton et de lui arracher quelques notes plaintives ressemblant vaguement à "Frère Jacques", c'était mon bonheur du moment. Puis, comme toute bonne chose à une fin, vint un coup de fil fatidique. Une horrible nouvelle? Absolument pas. Une amie de ma mère appelant pour prendre des nouvelles ou je ne sais plus, tout simplement. Pile dans mon moment d'intimité avec l'instrument à corde, vous l'aurez deviné. L'espace d'un instant, un fort éclat de rire a secoué ma mère. L'amie s'informait de l'état du chantier, croyant à tort que l'on effectuait des travaux à grands coups de scie ronde. J'ai eu tôt fait d'avoir vent de *l'amusante* remarque. Bizarrement, à l'époque, je n'ai pas vraiment compris tout le comique de la situation. J'ai rangé avec application le violon dans son étui noir avec, à ses côtés, l'archet. Ils ont, dès lors, reposés en paix. C'en fut fini. Ce ne serait plus jamais moi et le violon. Dorénavant, ce serait moi, le violon et le jugement des autres. Je n'étais pas prête pour ça. Aujourd'hui, bien que j'adore la musique, je ne suis pas musicienne. Pas même un peu. Je sais pertinemment que je n'aurais pas mené une grande carrière en violon. Au mieux, j'aurais fini comme unique membre féminin d'un groupe gauchiste quelque peu générique. En fait, ce qui aurait pu réellement changer le cours des choses, ç'aurait été de me commettre sur un autre instrument, dès le départ. J'aurais ainsi pu faire mes classes tranquillement, sans moqueries. Ce n'est pas Pennac qui disait que le violon est le seul instrument qui ne supporte pas la médiocrité? |
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29.3.05 06:32 |
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