Vertelime
Réflexions épisodiques sur mes folles aventures!
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Neige et paix II
Il y a un an presque jour pour jour, je vous disais ici qu'une bonne bordée de neige règlerait bien des conflits dans le monde. Québécois que nous sommes, nous avons la fâcheuse manie de nous plaindre en permanence de la température: Pas assez de neige, trop chaud, trop de neige, trop frette, etc.
Je viens de tomber par hasard sur un texte écrit il y a quelques années par le très génial Stéphane Laporte. Je trouvais important de vous le faire partager, question de remettre en perspective la valeur de notre bel hiver canayen: La paix frette (Stéphane Laporte, 2003) Ca ne lâche pas! On se les gèle pas a peu près. Brrrr! Y fait vraiment pas chaud! Mais que je n'en vois pas un sacrer contre le frette, car le frette est notre sauveur! Notre protecteur. Notre plus belle richesse. Parce que si on est tellement à l'abri, ici, dans notre p'tit Québec, de tous les grands problèmes de la planète, c'est grâce au frette! Regardez tous les endroits où ça va mal dans le monde. On les voit aux nouvelles. Ce sont toutes des places où les gens sont en manches courtes! L'Afrique, l'Irak, Israël, Haïti, l'Amérique du Sud. Le trouble est frileux! Savez-vous pourquoi? Le trouble aime pas le frette. Le trouble aime les endroits où il fait chaud. Où il y a le beau soleil. Où il peut s'étendre et écoeurer le peuple longtemps. Y est pas fou, le trouble. Descendre dans la rue pour pitcher des roches, à 22 sous zéro, ça ne le tente pas. Se battre pour un morceau de terre qu'il faut que tu passes six mois à pelleter, y aime autant le laisser aux voisins. C'est pour ça que Stéphan Bureau, il ne parle pas souvent du Groenland, de l'Islande, du pôle Nord ou du pôle Sud dans ses manchettes. Le trouble ne va jamais là. C'est sûr qu'il parle du Québec. Y a pas le choix, c'est le téléjournal de chez nous. Mais les troubles qu'il raconte, c'est pas des vrais troubles. Les hôpitaux, les écoles, Gaétan Frigon, Théodore ou Garon, ça ne se compare pas à un génocide, à une révolution ou à une guerre civile. Nos problèmes sont tellement niaiseux qu'ils n'en parlent pas ailleurs. Pensez-vous qu'aux nouvelles d'Israël, le présentateur raconte les crises de Pierrette Venne ou la saga des Expos? Non. En Israël, ils ne parlent jamais du Québec. Mais au Québec, on parle tous les jours d'Israël. Pourquoi? Parce que là-bas, il se passe des grosses affaires. Tandis qu'ici, il ne se passe que des peccadilles. Pourquoi? Parce que le trouble habite chez eux à l'année, tandis qu'il ne vient jamais mettre les pieds ici, de peur de se les congeler! Nous, on n'a pas besoin de bombe atomique pour nous protéger, une vague de froid, ça vaut bien des armes de destruction massive. Quand Napoléon a conquis le monde, ses armées ont marché sur tous les beaux pays d'Europe et d'Afrique en chantant: “Haut les mains! Lalala! Haut les mains!" Mais rendus en Russie, j'te dis qu'ils ont arrêté de chanter assez raide. Napoléon, y a pas juste mis une main dans sa petite poche. Y a mis les deux! Parce qu'elles étaient bleues. L'Hiver a sauvé les Russes! Même chose pour Hitler. Ses armées ont traversé l'Europe, le bras tendu, sans problème. Mais rendues en Russie, le bras leur est tombé, gelé. Je vous le dis, le frette, c'est la paix. La sainte paix. Si, au Québec, il faisait beau comme en Floride, ça ferait longtemps que les Américains nous auraient annexés. Au lieu de jouer au hockey, nos garçons seraient poignés à encercler l'Irak. Patrice Brisebois, il verrait que c'est pas mal plus stressant que de se faire huer par 10 gars chauds mais, grâce à notre climat, les Américains n'ont jamais rien voulu savoir de notre patrie. C'est ce désintéressement généralisé du monde entier pour les pays frettes qui nous sauve de tous les grands conflits majeurs. C'est tellement pas attirant, un pays glacé, que même nous, qui habitons là, on n'en veut pas. À tous les référendums, on nous demande: «Voulez-vous de ce pays?» Et on répond toujours: «Non merci!» Pensez-vous qu'un autre pays va se donner la peine de venir se battre pour conquérir un pays que ses propres habitants rejettent? Pourquoi se battre pour un pays où on ne terminera même pas tes jours? Se battre pour les terrains de golf de la Floride, OK! Mais se battre pour quelques arpents de neige, franchement! Cela saute aux yeux. Si nous vivons dans un endroit paisible, où même les révolutions sont tranquilles, et que le pire qu'il peut arriver, c'est le verglas, c'est grâce à notre climat nordique. Donc, au lieu de sacrer contre le froid et d'essayer tant bien que mal de se plaindre, car on a les lèvres gelées, remercions le ciel en grelottant de nous avoir offert une contrée polaire. Prions fort pour que le monde entier continue de nous ignorer et pour que l'effet de serre ne nous réchauffe pas trop vite. Vive la paix frette ! |
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1.2.07 20:25 |
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Étrange mémoire
Dans le métro, il faisait chaud et humide. Les tropiques. Normalement j'apprécierais, mais avec un manteau d'hiver fait pour affronter les grands froids canadiens, au coeur des tropiques, c'est pas la joie. Il y a trop de monde pour même penser à enlever quelque chose. Le train est immobilisé à une station de celle où je descends. De celle où TOUT le monde descend. Ça me paraît une éternité. Les portes du wagon sont ouvertes, mais l'oxygène ne semble pas entrer. Nous avons l'air d'un ridicule banc de sardines. Je manque d'air, j'ai chaud, je suis étourdie. Je ne veux pas être en retard à mon cours. Je le suis déjà un peu. Descendre n'est pas une option. Je me concentre, tente de ne pas perdre la carte. Je fais souvent des petites chutes de pression, alors je garde mon calme. Après ce qu'il m'a semblé une éternité, le train repart. Ensuite, le contenu entier des wagons se déverse sur le quai de la station de l'université. Je fais quelques mètres et m'assois sur un banc, tête baissé. J'attends que ma pression revienne à la normale.
Je marche maintenant vers mon pavillon. L'air glacial sur mon visage me ressaisit un peu et ça me fait du bien. J'arrive avec un bon 20 minutes de retard à ce cours que j'adore: trois heures ininterrompues de matière dense sur l'histoire de l'Amérique latine. Depuis le début de la session, j'ai déjà une quarantaine de pages de note. C'est le cours le plus dense qu'il m'ait été donné de suivre. Je me dit que ce n'est pas trop grave; je n'en avais pas manqué une minute depuis le début de la session. Je m'attends à arriver devant 150 étudiants têtes baissées griffonnant rageusement le plus de mots possibles pour tenter de capter toute cette matière émanant de ce professeur érudit. J'entre et je suis stupéfaite: Tous les étudiants ont la tête baissée, oui, mais sur ce qui semble être... un EXAMEN! Je vais m'asseoir avec un demi-sourire dans le bout d'une rangée. Un jeune homme vient me remettre une copie des questions et un feuillet de pages blanches. Je lui demande si c'est une blague. Il me répond que non. Je dois rêver. Pendant un bon 10 minutes, j'observe ces odieuses questions sans même sortir un crayon de mon sac. Nommez-ci. Nommez-ça. Je pense à ces quarantes pages de notes que je n'ai même jamais relues. Je me sens complètement conne. Je n'ai pas manqué un cours. Pas une annonce d'examen. C'était dans le plan de cours. Y a-t-il vraiment des gens qui lisent ça? Bon, je me décide à commencer. J'aime les défis, ceci en est un grand. Il ne me reste qu'une heure. Je dois faire au mieux avec ce que j'ai, c'est à dire ma tête. Je vous ai déjà parlé de ma mémoire de poisson rouge? J'ai peur. Bien entendu, ç'a été hautement frustrant de faire un examen alors qu'une seule relecture rapide de mes feuilles aurait signifié de nombreux points en plus. Mais le pire dans tout ça, c'est qu'en bout de ligne, je vais m'en sortir. Et bien. Sur de longues questions à développement, j'ai pu décrire des phénomènes complexes en n'oubliant aucun facteur. J'ai raconté comment la Bolivie avait perdu sa côte comme si j'y étais. J'ai fait des miracles. D'accord, je n'ai pas pu nommer les fleuves de chaque pays, situer des villes qui ne sont même pas des capitales ou donner des noms de volcans au Mexique (quoique mon essai de nom maya était plutôt amusant: Le popocacaprut - au lieu du Popocatépetl)! Après le cours, certains qui avaient étudié de longues heures discutaient de questions difficiles. Celles exactement que j'avais trouvé faciles. Celles qui comptaient pour le plus de points. Je brûle d'impatience d'avoir les résultats. Me connaissant, j'aurai sûrement la moyenne ou un peu plus. Sans étude aucune. Pire encore? Je ne me souviens même pas de visages - encore moins des noms les accompagnant! - de gens que j'ai côtoyé à plusieurs occasions dans ma vie. Et je me souviens que la Bolivie a perdu sa côte à cause du nitrate de potassium. Quelle étrange mémoire sélective... |
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11.2.07 18:47 |
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Moi j'aime ça.
En cette journée de St-Valentin, en bonne célibataire, je devrais sûrement me sentir seule et aigrie. Me dire que ce n'est qu'une maudite fête commerciale servant à vendre fleurs, chocolat et gogosses laides en pluche made in China. Cependant, j'ai beau chercher et je ne trouve en moi aucune animosité envers cette fête. La St-Valentin, moi j'aime ça.
Tout d'abord, je ne suis pas quétaine. Je suis même la fille la moins quétaine au monde. Je mets quiconque au défi de trouver un centimètre carré de rose dans ma garde-robe. La seule fois où s'est arrivé, c'est lorsqu'un bas rouge s'était glissé comme un cave dans ma brassée de blanc. Ce qui est resté rose a pris le chemin des vidanges. Aussi, si un jour je suis en couple et que mon beau Jules me sort un poème ou une chanson qu'il a composé pour moi, je lui ris en pleine face sans retenue. Je ne sais également pas quoi faire avec des fleurs. Ça coûte cher et ça ne dure pas. Bref, je suis terriblement terre-à-terre et toutes ces belles choses qu'encourage la St-Valentin me semble louches. Alors comment diable puis-je bien avoir un intérêt pour cette fête? En fait, c'est simple: ce jour-là, il y a toujours des petits événements qui le rendent spécial. Allons, célibataires de ce monde, positivons: pour les amoureux, cette fête est une pression sociale. Qui n'a jamais entendu cette phrase assasine: "Quoi? Vous ne faites rien pour la St-Valentin???" En résumé, personne n'est davantage en couple ce jour-là et si ta vie amoureuse est pas si mal, tu n'as pas besoin de cette fête pour te rappeler de faire quelque chose. En bref, seuls nous, célibataires, avons tout à gagner et rien à perdre! Une rencontre différente? Un petit email ambigu? Ce sera quoi, pour vous? J'en ai marre de tous ceux qui crient au drame en cette journée dite de l'amour. Come on. C'est pas grave! Il y a plein de monde qui vous aime quand même. Au menu de ma journée: une belle neige, un petit email plein de promesses, un résultat d'examen au-delà des espérances, un atelier de conversation espagnole hilarant sur ce que l'on cherche chez un partenaire, l'annonce du podcast de l'émission de frérot et je ne suis qu'à mi-journée! |
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14.2.07 19:34 |
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La culpabilité
Étant après tout une fille, j'ai le sens de la culpabilité bien développé. Même après une semaine tellement chargée qu'elle débordera encore sur ma fin de semaine, je me trouve ennuyante de laisser un texte de St-Valentin en tête de mon blogue. Voilà: je me déculpabilise maintenant en faisant un petit texte sur la culpabilité. Attention, tout un concept! Ça fait peur!
En fait, il ne sera pas tant question ici de culpabilité que de mon incapacité à dire non pour certaines choses (ça y est, le concept prend déjà le bord). Il s'agit d'ailleurs de la raison pour laquelle je me retrouve sans cesse dans des situations où je suis enterrée par ma liste de chose à faire. J'avais suffisament d'engagements pour me tenir très occupée. J'ai réussi à m'en rajouter jusqu'à l'étouffement. Bravo. Tout ça, il va de soi, pas de ma propre initiative. Je ne suis pas si maso même si je me demande parfois si je ne le serais pas quand même un peu. Dans les dernières semaines, il me semble que les astres se sont réunis pour faire pleuvoir les demandes: Un nouveau contrat par-ci, une demande de revenir dépanner encore là, un appel à l'aide d'une ancienne patronne, une demande de petite modification sur un vidéo produit à l'automne, etc. Le tout pour hier, bien entendu, et s'ajoutant à mes obligations déjà pressantes. Damnation. J'ai énormément de difficulté à refuser quand une demande se présente sous la forme d'un «j'ai absolument besoin de ton aide...» En fait, j'ai toujours préféré me placer dans une situation précaire plutôt que de laisser quelqu'un d'autre dans une situation précaire. Je sais que peu importe, je m'en tire plutôt bien - pour ceux qui me connaissent, souvent même affreusement bien - et ça m'amène à dire oui. Lorsque je refuse, je me sens coupable. Je m'en veux même si quand je refuse, c'est que c'est humainement impossible de pouvoir aider la personne. Aussitôt que j'aurais une petite possibilité de mener une nouvelle mission à bien, même si je mets en péril mes propres projets ou ma santé mentale, je me lance. Avant, je trouvais que ça avait de la valeur d'être aussi tournée vers les besoins des autres. Comme si ça faisait de moi une meilleure personne. Bullshit. Ça ne vaut rien. J'en viens souvent à être insultée qu'une personne me fasse une demande alors que c'est absurde, je n'ai qu'à apprendre à dire non. La terre tournera toujours. Ça ne changera rien. C'est l'intention qui compte: si je rends service à une personne tout en étant fâchée de mettre de côté mes propres obligations, ça ne vaut rien et ce, même si je ne le laisse pas paraître. Ça fait de moi une maudite hypocrite, pas une mère Thérésa. |
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23.2.07 23:43 |
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Adieu, Simon!
En ce lundi soir, ça s'est répandu comme une trainée de poudre. Cette nouvelle qu'on souhaiterait ne jamais entendre. Bang. Il suffit de quelques mots et tout change. Ce qui se disait au présent doit maintenant se conjuguer au passé. Simon n'est plus. Simon était.
Mon frère a eu beaucoup d'amis. Une tonne et demie. Simon faisait assurément partie de mes préférés: beau brun souriant, aimable au possible, drôle, habile, brillant. Nous connaissons tous cette tendance à embellir ceux qui nous quittent. Pas ici. Tous ceux qui l'ont cotoyé pourront vous confirmer que ce jeune homme était bel et bien tout ça. Et sans doute davantage. Je le connaissais si peu. Je ne peux prétendre au centième de la douleur que vivent en ce moment son père, sa mère, son frère, ses amis, ses oncles, ses tantes, ses grands-parents et tous ceux qui l'ont cotoyé de près. Ce soir, bien des coeurs ont dû se briser en morceaux et en garderont la marque. La mort, ça nous fait prendre conscience du sens des mots jamais plus. La mort, ça se justifie rarement très bien. Surtout quand elle nous fait un coup bas comme ça. Il est parti en faisant ce qu'il aimait, en vivant à fond. Il aura vécu plus d'aventures que beaucoup de gens qui partiront avec trois ou quatre fois plus de tours au compteur. Cela ne soulagera cependant pas la tristesse de voir un jeune homme aussi lumineux quitter la scène trop tôt. Foutrement trop tôt. Même si la mort est inévitable, on ne s'habitue pas. C'est toujours la même gifle au visage. D'autres nouvelles semblables parsèmeront notre parcours ici-bas et nous y passerons aussi. Passage obligé. Je nous souhaite cependant des départs plus ridés. Parce que le beau Simon, ça fait mal. ![]() |
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27.2.07 04:59 |
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