Vertelime
Réflexions épisodiques sur mes folles aventures!
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Le stress? Connais pas.
Tout d’abord, je tiens à dire que le texte que je m’apprête à écrire n’aura jamais toute la force de celui-ci, écrit avec un timing incroyable par une blogueuse que j’aime beaucoup.
Moi qui croyais ne pas être une personne stressée et bien supporter la pression! Je viens de recevoir une belle leçon d’humilité: me voilà avec une maladie qui se retrouve normalement chez les vieillards, les sidatiques, les personnes subissant la chimiothérapie et… chez les personnes vivant un stress intense. Ahah, c’est moi, ça! Ne soyez pas inquiets et ne préparez pas vos beaux textes hommages pour mes funérailles; ce n’est qu’un ridicule virus pas mortel du tout. C’est seulement que pour l’instant, c’est lui qui mène. Et dire aussi que Dr Tran avait raison… En fait, c’est dans des moments comme ça qu’on se rend compte que maman est loin et que notre belle indépendance n’a pas que des avantages. Bon, je sais que tout le monde meurt seul, mais c’est agréable d’avoir de la compagnie sur le chemin, non? Il est clair que j’ai tout plein d’amis que je peux appeler à toute heure du jour et de la nuit. Mais bon, mon cas n’est pas si sérieux. C’est plutôt un entre-deux. Je ne suis pas assez mal en point pour ne pas me rendre à la pharmacie. Je ne suis pas assez mal en point pour ne pas pouvoir me traîner jusqu’à un petit resto. J’ai encore la capacité de m’auto-soigner, c’est juste que… Bref, il ne me reste qu’à prendre du repos, boire beaucoup d’eau, prendre des bains de bicarbonate de soude et relaxer. Si un restant de virus de varicelle réapparaît 20 ans plus tard, ça doit être pour une bonne raison. Ok, j’ai compris le message. |
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2.4.07 04:22 |
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Passage
D'aussi longtemps que je me souvienne, mon oncle préféré - la personne la plus cool sur cette petite planète - m'a envoyé une carte de souhait pour mon anniversaire. De tout temps, sur ce carton, trônait un chat; parfois petit et mignon, d'autres fois déguisé, mouillé, etc. Disons que j'ai eu droit à tout le répertoire Hallmark félin et pour tout vous avouer, j'aimais bien. Je n'avais pas l'impression de vieillir. Pas de blague de mauvais goût sur mon âge, seulement un petit animal inoffensif. Voilà pour mes 25 premiers anniversaires...
Cette année, cependant, le petit félin cute fut détrôné sans avertissement par un tout autre type de bête: un homme, torse nu. J'ai tout de suite su que je venais de passer à l'âge adulte. Ça y est, m'y voilà. Il n'y a plus de retour en arrière possible. |
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6.4.07 22:52 |
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La grande histoire de Grand lapin
Pour Pâques, je partage au monde cette légende personnelle. Je sais que l’histoire est plus drôle lorsque je la raconte avec un pichet ou deux dans le corps, mais bon. Je tenais à vous livrer cette petite tranche de vie pascale...
Au début des années 90, ma mère mit sur pied le service de garde en milieu scolaire de mon école primaire. Fille modèle, je lui ai toujours donné un coup de main. Même lorsque je fus au secondaire, je l’aidais encore à l’occasion. J’étais cependant loin de me douter que cette grande générosité m’entraînerait dans une situation aussi marquante que celle de l’aventure de Grand lapin. Mais encore, qui est Grand lapin? C’est un personnage créé de toutes pièces par ma mère. Tout au long du carême, les enfants du service de garde participaient à des activités et entendaient parler de ce personnage mystique, qui livrait les oeufs de Pâques aux enfants. Tout un phénomène avait été créé autour de Grand lapin. Lors de la sortie prévue pour Pâques, les enfants étaient aux aguets. Ils voulaient Grand lapin. Bon, il est clair que ce personnage, étant de la pure fiction, ne pouvait apparaître sans les manigances de ma mère, éducatrice chevronnée. La veille, dans notre résidence familliale, apparut l’horrible costume de lapin défraîchi couleur pastel délavé. C’est d’abord mon frère qui l’essaya, sous mon regard amusé. On voyait ses boxers sous la pluche usée. La classe, quoi! En bon adolescent, mon frère refusa alors catégoriquement toute possibilité de remettre un jour le costume une fois enlevé. Ma mère leva alors un regard suppliant et plein d’espoir vers sa fille chérie. Vous savez que j’ai de la difficulté à refuser un service? Vendredi Saint, 13h: Une ribambelle d’enfants surexcités courent derière la maison familiale. Le plan: Grand lapin (moi, dans un costume défraîchi vert aqua trop court, donc impliquant mitaines de ski-doo et bottes de pluie en robber) doit passer discrètement par l’avant et se faufiler sur le terrain d’un voisin, deux maisons plus loin. Les enfants verraient alors Grand lapin leur faisant de grands signes et laissant un mystérieux panier avant de s’en aller en gambadant dans la nature. Ensuite, les enfants marcheraient calmement (!) pour ramasser le précieux butin. Ok, ça c’était le plan. Voici donc ce qui s’est réellement passé, de mon point de vue de Grand lapin: «Bon, tout va bien encore. J’ai le panier en main et heureusement, le ridicule ne tue pas. Mon costume est une horreur, j’ai honte, mais je fais quand même le lapin. Un maudit gros lapin. Ça, c’est de l’amour. Je sautille dans la bouette et la neige fondante et suis à environ 300 mètres des enfants (distance sécuritaire à garder entre l’oeil humain et ce costume horrible). Les petits ne m’ont pas encore vu. J’entends maintenant la voix de ma mère s’élever: «Ohhh!! Mais c’est Grand lapin!!» J’amorce les signes prévus au programme, mais ce que je vois me glace le sang: une trentaine de marmots se précipitent vers moi en criant, hystériques. Ils veulent Grand lapin et je comprends assez vite qu’ils se contrefoutent du panier que je laisse derrière! L'horreur! Je dois disparaître. Étant en bas d’une petite pente, je la gravis avec difficulté, mes bottes glissant dans la bouette printanière. Mon coeur bat la chamade, je panique. Je tombe, me relève, retombe. J’entends les cris derrière moi. Je n’ai jamais été aussi terrorisée de toute ma vie. J'ai mal et je suis mouillée dans ma pluche verte. Enfin, j'atteins la rangée de maisons et me glisse entre deux voitures. Lorsque le champs est libre, je traverse et me réfugie derrière la maison d’en face, le long du garage. C’est de voir le regard de la voisine, au travers la fenêtre, qui se demande ce que fait cet affreux Grand lapin bouetteux et haletant dans sa cour...» Je vous rassure maintenant, l’histoire finit sur une note heureuse: Grand lapin a pu regagner sain et sauf sa tanière et son costume fut dès lors jeté. Plus jamais un oeil humain allait avoir à se poser sur cette pluche défraîchie aux couleurs de Pâques. Aussi, plus jamais une pauvre adolescente allait subir tel calvaire pour faire plaisir à sa maman. |
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8.4.07 23:18 |
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Les sandwichs au ketchup
Nous étions trois enfants à la maison. Lors de la préparation des lunchs, nous pouvions choisir entre plusieurs condiments pour garnir nos sandwichs. Première affirmation du soi. Je me rappelle d'ailleurs du plaisir que j'avais à faire ce choix à chaque fois, même si ce dernier était inévitablement le même. Ma soeur prenait moutarde. Moi et mon frère, c'était ketchup.
J'étais heureuse et insouciante. Enfin, jusqu'au jour où, lors d'une fête d'amis, on me demande ce que je veux mettre dans mon sandwich au baloney. Ketchup. Je me rappelle encore le terrible et méprisant «heuuuurrrrkk» qui est sorti spontanément de la bouche d'une amie qui avait tout entendu. C'est donc à l'âge de 10 ans que j'ai appris que ça ne se faisait pas de mettre du ketchup dans un sandwich. Même si, à mon avis, c'était vraiment délicieux. Après cet événement, je n'ai pas renoncé à mon condiment préféré mais disons qu'en public, c'était devenu officiellement mayo. Le ketchup était mon plaisir coupable et je l'assouvissais en privé seulement. Lorsqu'on est jeune, la soif d'approbation est grande! Puis, heureusement, vient le temps où l'on s'affirme. Et nos véritables goûts peuvent être montrés à la face du monde sans que l'on ait peur du jugement. Voilà, c'est dit: J'adore les sandwichs au ketchup. Et je viens d'en manger un magnifique spécimen sur ma galerie au soleil. Ça faisait une éternité... |
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24.4.07 17:22 |
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«On s'en va à Laval!»
Parce qu'il ne faut pas seulement se plaindre des mauvais coups, je désire aujourd'hui lancer des fleurs à ceux qui ont pris la décision de prolonger la ligne orange jusqu'à Laval. Ajouter une ligne souterraine qui amène directement au centre-ville, c'est mieux qu'un péage ou qu'une sanction quelconque pour réduire le nombre de voitures entrant sur l'île. Le plan d'augmenter les tarifs pour faire payer les utilisateurs est moins génial, mais bon, un jour ils comprendront.
En plus, sympathique coup de marketing marquant l'ouverture des nouvelles stations: le métro est gratuit aujourd'hui! Bravo! Ce matin, je me suis d'ailleurs levée avec l'envie d'aller à Laval, juste pour voir ce qu'il y avait de l'autre côté. Bon, j'avoue cependant que je me suis recouchée et que ça m'a passé... |
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28.4.07 20:36 |
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J'aurais voulu être un artiste?
C'est amusant de voir à quel point les gens sont impressionnés par le milieu de la télévision et du cinéma. Et à quel point ce monde mystérieux est tellement moins glamour vu de l'intérieur. À moins que le problème vienne de moi? Suis-je une maudite blasée finie?
Chacun a son poids, son fardeau quotidien. Après tout, rares sont ceux qui ne doivent pas travailler pour vivre. Souvent, les gens se plaignent des difficultés éprouvées dans leur vie; les tâches s'accumulent, plus de temps pour les amis, sentiment d'incompétence, etc. Je suis là, j'écoute, je comprends. Et c'est souvent là qu'on me lance le fameux «mais c'est tellement différent pour toi». Je l'oublie encore à chaque fois: Moi, mon travail est passionnant. Moi, mon travail est trippant. Moi, mon travail ce n'est pas un travail. C'est un loisir. Je m'amuse au quotidien. La grosse joie sale. Eux, s'ils avaient ma chance... Bordel. Je veux vraiment pas jouer la carte de l'incomprise, mais c'est parfois frustrant de voir la facilité avec laquelle mes problèmes se relativisent vite dans la tête de certaines personnes. Oui mais toi, tu fais des films... Si j'argumente contre ça en disant qu'après tout c'est un travail comme un autre, la conversation prend un tournant quasi absurde. Je sens l'incompréhension de mon interlocuteur grandir encore et encore. Un fossé se creuse. Changement de sujet. Et nous n'y reviendrons pas. Je ne compte plus les regards admiratifs lorsque les gens apprennent ce que je fais dans la vie. Je vois les yeux briller quand je leur donne des détails, positifs il va sans dire, puisque les problèmes n'intéressent pas ceux qui sont extérieurs à ce monde. Voyons, on veut le success story! Mais les étoiles, elles ne devraient pas être dans mes yeux aussi? Je suis trop résolument réaliste? Trop cynique? Dans la mauvaise branche? Et tous ces gens qui se réveillent un matin, en fin de carrière, et qui se disent qu'ils n'auraient pas dû faire dentiste, comptable ou je ne sais quoi. Qu'ils auraient dû poursuivre leur passion. C'est le blues du business man, again and again. Sur repeat. J'aurais voulu être un artiiiiiiiiiiiiiiiiste... ( faut s'imaginer ici la note soutenue de Dubois). Come on. Achetez vous un kit de peinture, prenez des cours de chant, faites vos propres films. Vous allez voir, ça passe... J'ai le cafard ce soir, me direz-vous. Allons, une petite nuit de sommeil et tout ira mieux. Ça fait trois mois que je me dis ça, mais bon: un jour ça sera l'été, mon projet sera fini et je pourrai passer à autre chose. |
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29.4.07 03:24 |
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